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Histoire de Carthage Carthago

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Ville côtière au banlieue nord de Tunis , Carthage est à 17km de Tunis. On peut s’y rendre en taxi ou en train,

Un hôtel de charme et de luxe c'est la Villa Didon, sur la colline de Carthage, à deux pas du musée et de la cathédrale saint louis.

Les Journées Cinématrographiques et Théâtrales de Carthage font partie des rendez-vous annuels de la création contemporaine des mondes arabe et méditerranéen.

HISTOIRE DE CARTHAGE :

Fondée en 814 av-JC par Elissa, princesse de Tyr rebaptisée Didon l’errante par les sources classiques, Carthage devient une puissance maritime majeure du bassin méditerranéen. Ses ambitions inquiètent Rome qui l’anéantit en 146 av-JC. Les mêmes romains la reconstruiront un siècle plus tard, et en font une des plus grandes cités de l’Empire. Ville de Saint Augustin, elle disparaîtra au VII s, avec l’arrivée des arabes.

Carthage est aujourd’hui une élégante banlieue résidentielle de Tunis avec de belles villas blanches (parmi lesquelles des chancelleries), d’élégantes boutiques, le palais présidentiel, et, disséminés un peu partout, les restes de la cité antique.



PORT PUNIQUE :


La colline de Byrsa, qui domine le site, est l’ancien centre de la métropole punique. Elle se distingue par la silhouette massive de la Cathédrale Saint-Louis, gros gâteau néo-byzantin édifié à la fin du XIXe siècle à l’emplacement présumé de la sépulture du roi de France qui mourut ici en revenant des croisades.

Pour la petite histoire, Louis Philippe, qui descendait de Saint-Louis, avait envoyé un architecte pour trouver l’emplacement le plus précis. Vu l’impossibilité de sa mission, ce dernier a choisi le plus bel endroit. La cathédrale a été, depuis, désaffectée, et sert, paraît-il, d’écrin pour des manifestations artistiques et culturelles. Au pied de cette chose se trouvent les vestiges épars du quartier le plus haut et le plus important de la ville.

La plus célèbre des villas est celle de la Volière, thème qui occupe la mosaïque de l’atrium. Ces villas appartiennent, tout comme les Thermes d’Antonin (non loin de là vers la mer) à la Carthage Romaine.


MOSAIQUE D'ULYSSE A CARTHAGE :



Entre l’avenue Bourguiba et le port, un petit parc archéologique, ou plutôt une sorte de Nécropole appelée le Tophet. Entièrement jonché de stèles, ce lieu était le sanctuaire ou les carthaginois effectuaient leurs offrandes aux dieux. Ils sacrifiaient leurs biens les plus chers, des animaux, mais aussi et surtout, leurs enfants.

Cette réalité terrible, diffusée à l’époque par la propagande de leurs ennemis romains, a été confirmée par des dessins et des inscriptions qui couvrent certaines de ces stèles. On peut y voir, entre autres, un prêtre portant un enfant dans ses bras avant le crime.


LA CATHEDRALE SAINT LOUIS A CARTHAGE :



Autres restes, moins honteux, ceux des deux ports puniques. La flotte carthaginoise avait en ses installations portuaires une arme redoutable. Il ne reste aujourd’hui que des vagues bassins, celui du port commercial, un peu allongé, et celui de la marine de guerre, caché derrière le premier et inaccessible depuis la mer. Un bassin circulaire avec en son centre l’îlot de l’amirauté.

On projète d’y installer un cénotaphe pour Hannibal. Il y a aussi le quartier dit "de Magon", un Site punique numide qui surplombe la mer, où a été trouvée la pièce qui attestait de la création de Carthage entre 800 et 900 av-JC par l'archéologue allemand Friedrich Rakob.

SANCTUAIRE PUNIQUE A CARTHAGE :



Il faut visiter le Musée de Carthage pour se rendre compte de l’ampleur de ce que furent ces installations. Situé sur la colline de Byrsa, il est très didactique. On est accueilli, dans le hall du 1er étage, par un assemblage de drapeaux des Nations Unies et de l’Unesco.

Outre de nombreuses maquettes, on découvrira, en déambulant dans les salles poussiéreuses quelques belles pièces: des stèles puniques avec des motifs intéressants, un sarcophage de prêtresse avec la représentation de cette dernière enveloppée dans ces ailes d’oiseau, un magnifique cadran islamique dont on ignore ce qu’il est venu faire dans cette galère, plus des mosaïques, céramiques grecques, fibules égyptiennes, amphores des commerçants et masques puniques. En face de l’entrée du musée, entre deux cyprès géants, la tombe de Saint-Louis.

Dans ce parc verdoyant, une plante magique permet, appliquée sur les tympans, de guérir les maux de tête.


LIEU A VISITER A CARTHAGE
:


- La colline de Byrsa

- La cathédrale Saint-Louis

- Le musée national de Carthage

- Les vestiges de l'amphithéâtre romain

- les thermes d'Antonin

- Les ports puniques à Salambô

- Le cirque romain

- Les villas romaines

- Le sanctuaire des Trophées, découvert en 1921


Monnaie carthaginoise avec une tête de déesse couronnée de céréales aux environs de 250 av. J.-C. Londres, British Museum

histoire de la tunisie: Le rayonnement de Carthage

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histoire de la tunisie: Le rayonnement de Carthage

 

Depuis le 12ème siècle Av. JC, la Tunisie, pont naturel entre l'Afrique et l'Europe et entre l'Orient et l'Occident, entretient des relations surtout commerciales avec les différents pays méditerranéens.
En 814 av. J.-C., des colons phéniciens venus de Tyr fondèrent la ville de Carthage. D'aprés la légende, ce serait la reine Elyssa (Didon pour les Romains), sœur du roi de Tyr Pygmalion, qui fonda la cité. Certains historiens rejettent cependant la tradition littéraire et datent la fondation de la cité du milieu du VIIIe siècle.
Un siècle et demi après la fondation de la ville, les Carthaginois s'installent déjà aux Baléares, puis, alliées aux Étrusques, ils dominent la Sicile, prennent pied en Sardaigne, et repoussent les Grecs de Corse. Le rayonnement et la prospéritéde Carthage ne manquent pas de provoquer des rivalités avec l'Empire romain, l'autre grande puissance de la méditerranée. Trois guerres (appelées guerres puniques) opposeront la civilisation marchande de Carthage à la civilisation militaire de Rome. La première guerre punique (264-241 av. J.-C.) est un conflit essentiellement naval, ayant pour origine des luttes d'influence en Sicile, terre située à mi-chemin entre Rome et Carthage.
Les Carthaginois prennent la ville de Messine. Ceci provoque l'inquiétudes des Romains en raison de la position de Messine proche des villes grecques d'Italie qui venait de tomber sous leur protection. Le sénat ne souhaitait pas ouvrir les hostilités avec Carthage, mais le peuple demanda d'intervenir. Ainsi Appius Clodius Caudex traversa et prit par surprise la garnison punique de Messine declenchant le début de la première guerre punique. Suite à ce revers la gouvernement de Carthage commence à regrouper ses troupes à Agrigente, mais les Romains mené par Claudius et Marcus Valerius Messalla prennent les villes de Segeste et d'Agrigente après un siège de 7 mois.
Sous la conduite des Barcides (famille des Barca, dont Hannibal), Carthage s'étend rapidement en Hispanie, o ils fondent la ville de Nouvelle Carthage (Carthagène). Ils y exploitaient des mines et redonnèrent à Carthage sa puissance économique et commerciale.
La Deuxième guerre punique (218-202 av. J.-C.) marqua pour Rome le péril le plus grand que la cité ait connu, du moins jusqu'aux invasions barbares qui marquèrent la fin de l'Empire romain d'occident plusieurs siècles plus tard.
Le prétexte de la guerre fut le siège de Sagonte par les Puniques, qui était au delà de la rivière (Ebre) délimitant selon le traité de 241 les zones d'influence respectives des deux puissances rivales.
Sous la conduite d'Hannibal, les troupes carthaginoises, parties d'Espagne, traversent les Pyrénées et les Alpes (avec les fameux éléphants) et envahit l'Italie. Se contentant de sa victoire, il renonça à entrer dans Rome. Ceci permit aux Romains de contre-attaquer et ils réussirent finalement à retourner le cours de la guerre en leur faveur, prenant à Carthage la totalité de leurs possessions hispaniques, détruisant leur flotte et leur interdisant toute remilitarisation sans l'aval de Rome.
Malgré la victoire finale, cette guerre marqua profondément les Romains, et poussés par la crainte d'avoir à affronter à nouveau les Puniques, ils décident, selon le fameux mot de Caton (Delenda est Carthago), que la destruction totale de Carthage était le seul moyen d'assurer la sécurité de la nation romaine. En effet, malgré toutes les représailles infligées à Carthage, la cité punique retrouva vite sa puissance économique.
Saisissant le prétexte de la violation du traité de paix de 202 (Carthage dut lever une armée pour reposser les invasions numides), et profitant de la faiblesse militaire de son ennemi, Rome lança une grande offensive en Afrique (la troisième guerre punique) destinée à amener les troupes romaines à pied d'œuvre pour le siège de Carthage, qui dura trois ans, et fut mené à bien par Publius Cornelius Scipio, surnommé pour cela le second Africain. Le siège s'acheva en -146 par la destruction complète de la ville : elle fut rasée et du sel fut semé sur les terres pour les rendre infertiles, par crainte de la résurrection de la puissance de Carthage.

Tunisie: Carthage histoire complète d'une ancienne ville

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Tunisie:Carthage ville africaine comme ROME




 

Carthage ne fut pas seulement la ville punique, l’ennemie de Rome des guerres puniques. Elle connut aussi un fabuleux essor durant la période romaine. À tel point qu’on a pu parler d’une « Rome africaine ».
 
Située en Afrique du Nord dans l’actuelle Tunisie, Carthage est une colonie phénicienne fondée vers 814 av. J.-C. Elle fut appelée Qart Hadasht, « ville neuve », c’est-à-dire la nouvelle Tyr, puisqu’elle aurait été créée, selon la légende, par la reine de Tyr. Le site est constitué par une péninsule ouverte sur un golfe doté d’abris et de criques. Après avoir pris son indépendance vis-à-vis de sa métropole, Tyr, Carthage développe le commerce jusqu’à former un vaste empire maritime. Puis, ses intérêts se heurtant à ceux de Rome, ce fut les guerres puniques – 264 à 146 av. J.-C. – à l’issue desquelles la cité punique fut détruite et son territoire transformé en province romaine d’Africa vetus. En 44 av. J.-C., César ordonna la fondation de la Colonia Concordia Julia Karthago. Elle fut réalisée par Auguste.
 
Carthage devint alors progressivement le centre intellectuel de l’Afrique romaine en plus d’avoir le rang de capitale de Proconsulaire, une des provinces romaines d’Afrique. Le rayonnement de Carthage fut tel qu’on a parfois qualifié la ville de « Rome africaine ».
 
 
LE REFLET DE LA PROPAGANDE IMPÉRIALE
 
 
Carthage est un centre politique important. Elle est d’abord le reflet de la propagande impériale. La nouvelle capitale a pris forme lentement et progressivement. Le réseau orthogonal, formé par les voies décumane et cardinale, n’a jamais été rempli. Le projet d’Auguste était en effet grandiose : il voulait faire émerger une ville nouvelle qui recouvre la précédente. L’organisation de la ville était géométrique : elle suivait deux axes directeurs, le decumanus maximus, orienté est-ouest, et le cardo maximus, orienté nord-sud. L’espace urbain était ainsi partagé en quatre parties égales à l’intérieur desquelles prenaient place des insulae, des îlots réguliers de 141 mètres sur 35.
 
À l’intersection des deux axes directeurs se trouve la colline de Byrsa qui constitue le centre urbain. Elle est complètement remodelée : son sommet est élargi par d’énormes remblais soutenus par de gigantesques soutènements qui ensevelissent tout un quartier punique. Le bouleversement des travaux avait pour avantage politique d’assimiler à la disparition de l’aspect des anciens lieux celle du symbole de la puissance et de la résistance de Carthage. Le centre urbain est composé de deux places séparées par des portiques mitoyens : la première est le forum, à vocation religieuse et juridique ; la seconde est une esplanade monumentale sur laquelle se trouve une basilique judiciaire, un temple dédié à Junon, Jupiter et Minerve et une galerie de statues figurant le loyalisme des Carthaginois à l’égard d’Auguste. Des fouilles effectuées à Byrsa ont permis de mettre au jour des portraits officiels de la famille impériale qui suivait l’iconographie officielle à la gloire de la paix et de la prospérité apportées par le régime augustéen. Ce centre politique et religieux traduit le rapport entre la vie politique et les dieux et contribue à faire de Carthage une « Rome africaine ».
 
Comment s’organise la vie politique à Carthage ? L’ensemble des citoyens forme une assemblée qui élit les magistrats annuels. Cette assemblée est divisée en curies qui votent séparément. Les décisions sont prises à la majorité des curies. Ainsi, à cause de ces cadres et de cette hiérarchie, les citoyens ne s’expriment pas en tant qu’individus mais en tant que membres de corps intermédiaires. L’autorité des citoyens est de plus restreinte dans la mesure où ils ne traitent pas des sujets importants et où leur fonction essentielle est l’élection des magistrats et les décurions.
 
Le conseil des décurions constitue le sénat municipal qui détient la direction effective de la ville. Cent membres viagers y figurent. Les autres sont recrutés par cooptation. Le conseil vote des décrets honorifiques et envoie des ambassades. Les magistrats sont élus pour un an. Ils sont de trois types : les duumvirs, magistrats suprêmes de la cité, président l’assemblée et le conseil des décurions ; les édiles sont chargés de la surveillance et de l’exécution des travaux publics, de l’inspection des marchés, de la voierie ; enfin les questeurs ont la garde du trésor public et la charge de la levée des impôts.
 
Mais surtout, Carthage est la résidence du proconsul, le gouverneur de la Proconsulaire. Il est assisté de légats. Carthage est aussi le siège du conseil provincial composé de délégués de toutes les cités et qui a pour fonction de choisir le prêtre du culte impérial.
Toutes ces caractéristiques font de Carthage un centre politique important.
 
 
UN PÔLE COMMERCIAL IMPORTANT
 
 
Carthage est un centre économique et social digne d’intérêt. Du point de vue économique d’abord, la cité se trouve au centre d’une région dont les ressources en blé et en huile sont riches. De plus, la tradition maritime de la ville qui date d’avant la conquête romaine perdure même après 146 av. J.-C. Au temps des guerres puniques, les Carthaginois avaient construits des ports à partir de lagunes aménagées : un port rectangulaire servait au commerce et un port circulaire, avec un îlot central, était destiné aux vaisseaux de guerre. Ces ports sont transformés par les Romains. Pour le premier, ces derniers refont les quais et installent d’énormes magasins voûtés pour les activités artisanales et commerciales. Pour le second, les Romains ajoutent un temple et une tour ainsi que deux arcs de triomphe qui font le lien entre l’îlot et la terre ferme.
 
Carthage exporte les produits de son arrière-pays en Italie, en Gaule et en Espagne. Après sa reconstruction, elle exporte ainsi un demi million de tonnes de blé par an. Dès le Ier siècle de notre ère elle exporte aussi des vases en céramique. Mais c’est surtout la vente d’huile et de vin qui assure les revenus agricoles. L’oléiculture est aussi très importante, comme en témoigne la multiplication des découvertes d’amphores. Sur les marchés méditerranéens se retrouvent aussi les lampes de Carthage. C’est aussi à partir de la capitale de la Proconsulaire que sont envoyés les bêtes sauvages en direction des amphithéâtres de Rome. Carthage est donc un centre d’exportation très important.
 
Mais elle opère aussi un mouvement d’importation : la ville a pour fonction de redistribuer les marchandises, comme tous les grands ports méditerranéens. C’est une ville bien équipée en routes pour avoir de larges débouchés vers l’intérieur. La voie Carthage-Theveste en particulier est celle où se déroule la majeure partie du trafic intérieur. Pavée sous l’empereur Hadrien par la IIIe légion Auguste, c’est une voie à partir de laquelle un réseau de routes secondaires relie la Byzacène et la Numidie.
 
C’est donc surtout par son commerce que Carthage est un centre économique important. D’autant plus important que la croissance démographique et la paix favorisent l’essor de la production agricole et permettent ainsi de dégager un surplus dont profitent la ville. Celle-ci peut alors investir dans la construction de monuments par exemple.
 
La société municipale est fragmentée en trois grands groupes. D’abord, la bourgeoisie municipale est une classe de propriétaires fonciers auxquels certains affranchis appartiennent. Elle participe à la vie municipale en fournissant les magistrats et les décurions. Cette classe est ouverte : un membre de la classe populaire a la possibilité d’accéder à la bourgeoisie urbaine s’il remplit les conditions d’admission – posséder la somme requise de trente huit mille sesterces – ; un membre de la bourgeoisie urbaine peut espérer avoir une situation plus importante.
 
Ensuite, le monde du travail est constitué par les esclaves, les commerçants et les artisans. Ces derniers se consacrent notamment aux métiers du bois, de la céramique et de la pierre. Enfin, les pauvres forment la plus grande partie de la population. Selon la loi, toute personne ne possédant pas au moins cinq mille sesterces est considérée comme pauvre. Cependant, il existe des moyens pour atténuer leur misère : la vie en communauté, les thermes, les salles de spectacle, les temples qui sont autant de palliatifs au manque de confort des maisons et qui permettent aux plus pauvres de ne consacrer leurs revenus qu’à s’habiller et manger. De plus, les sacrifices publics sont l’occasion, en tant que participant, de consommer de la viande. Mais ces avantages ont… l’inconvénient d’habituer les pauvres à la médiocrité de leur situation.
 
 
CARTHAGE : « L’ÉCOLE VÉNÉRABLE DE NOTRE PROVINCE » (APULÉE)
 
 
Carthage est enfin une capitale intellectuelle. L’enseignement est l’un des facteurs qui contribue à donner à la cité sa dimension culturelle. Des philosophes, des rhéteurs, des grammairiens s’y réunissent. Apulée déclare qu’à Carthage il n’y a « que des hommes cultivés » et que la ville est « l’école vénérable de notre province ». De fait, au IIe-IIIe siècles de notre ère, Carthage est la deuxième capitale intellectuelle de l’empire. Un enseignement « supérieur », centré sur la déclamation, est dispensé par des rhéteurs. Les enfants de la bonne bourgeoisie peuvent aller à l’université. Un phénomène de spécification sociale est à l’œuvre dans la mesure où les élèves doivent verser une contribution à leurs maîtres. Dès le IIe siècle enfin, Carthage est le siège d’une véritable université avec des avocats.
 
 
La Rome africaine est aussi une ville culturelle par plusieurs aspects. D’abord par ses distractions culturelles comme les comédies et les tragédies. Deux théâtres sont construits à Carthage. L’un est situé dans les flancs de la colline, en plein air. L’autre est un théâtre couvert, appelé Odéon. Bâti sous la dynastie des Sévères au sommet de la colline, il est formé d’un hémicycle de gradins tourné vers le nord et qui repose sur un dispositif de couloirs semi-circulaires voûtés et étagés en amphithéâtre. Il est orné de colonnes corinthiennes. Des concerts y étaient donnés.
 
La dimension culturelle de la ville se trouve aussi dans la présence très marquée de la culture romaine. Cette dernière est d’abord caractérisée par les thermes d’Antonin, du nom d’un empereur. Construits de 145 à 162 sous les empereurs Antonin et Marc-Aurèle, ces thermes se situent en bord de mer et ont un plan symétrique avec des salles dédoublées par rapport à un axe perpendiculaire à la ligne du rivage. Typique de la culture romaine est aussi le cirque érigé au sud-ouest de la ville. Des courses de chars s’y déroulaient. Enfin, toujours au sud-ouest de Carthage se dresse un amphithéâtre. Les spectateurs assistaient aux combats de gladiateurs et aux affrontements entre de terribles fauves et des condamnés à mort ou des bestiaires professionnels. Carthage reflète donc aussi une civilisation des loisirs. Les édifices qui s’y trouvent la rendent digne d’une capitale provinciale.
 
Carthage est donc à l’époque romaine un centre politique à la gloire du régime impérial, un pôle économique important et une capitale intellectuelle. Et par la suite, elle deviendra en plus de tout cela, le centre religieux de l’Afrique romaine.
 
 
 
 
 
Pour en savoir plus :
BESCHAOUCH, Azedine, La légende de Carthage, Paris, Gallimard,1993.
LANCEL, Serge, Carthage, Paris, Fayard, 1992.